PSA-Rennes. La saignée sociale
Après avoir vécu deux plans de départs depuis 2007, l'usine de PSA Peugeot Citroën de Rennes va connaître une nouvelle saignée sociale : 1.750 emplois sont concernés par des départs volontaires et des mutations.
Le groupe automobile a annoncé la mauvaise nouvelle, hier, à ses salariés. « Confronté à une forte baisse des ventes », PSA prévoit une nouvelle diminution de ses effectifs de 3.550 emplois en France par départs volontaires. A Rennes, où la production est en chute de 20 %, 850 ouvriers professionnels, employés, techniciens, agents de maîtrise sont concernés.
Parallèlement, 900 ouvriers polyvalents, travaillant sur les lignes de production bretonnes, se verront proposer un « redéploiement » vers d'autres sites, à Sochaux, Mulhouse, Aulnay et Poissy. Des mesures de départs volontaires seront proposées à ceux qui refuseront cette mobilité. « Mais quand se terminera l'hémorragie ? », demandent les syndicats.
Des plans à répétition
Quand le groupe PSA a choisi le site de La Janais, dans les années 1999-2000, pour construire les véhicules des segments moyen et haut de gamme, la nouvelle a fait l'effet d'une aubaine économique pour la région rennaise et son bassin d'emploi. En 2004, l'usine a employé jusqu'à 12.500 salariés. Elle en accueille aujourd'hui 8.000 et va approcher les 6.000 à l'issue du nouveau plan, qui sera présenté au comité central extraordinaire le 2 décembre. Les gammes fabriquées dans l'unité rennaise ont d'abord subi la concurrence des monospaces et des 4X4, elles sont aujourd'hui exposées aux aléas de la crise économique et à la baisse du pouvoir d'achat.
Le premier plan s'est traduit par 587 départs volontaires entre juin et décembre 2007, et le second par 410 départs volontaires entre début 2008 et juin 2008. Par ailleurs, les 1.000 intérimaires recrutés pour le lancement de la nouvelle C5 auront quitté les ateliers d'ici à la fin de l'année.
En 2007, le site PSA de La Janais a fabriqué 197.900 véhicules : des C5, C6, Xsara Picasso pour Citroën, des 407 pour Peugeot. Il en produisait 340.000 en 2005. Les chiffres 2008, pas encore connus, s'afficheront à la baisse.
Un coup de massue
« Le personnel a reçu un coup de massue », commentait, hier matin, Michel Bourdon, le responsable CGT de l'usine. « C'est un très mauvais plan, il aurait été préférable, avec les bénéfices du groupe, de proposer aux 800 à 900 salariés de 55 ans et plus de partir en préretraite, souligne Michel Bourdon. Le choix du moyen et haut de gamme était dangereux. »
« J'ai appris la nouvelle ce matin (hier) vers 11 h par un simple communiqué de la direction annonçant un CCE le 2 décembre, raconte un syndicaliste de la CFDT. Sur la ligne de production de la 407, il n'y a plus qu'une seule équipe au lieu de trois en pleine production, et une des trois équipes travaillant sur la C5 devrait être supprimée début 2009. »
La direction affirme que ce plan de départs ne remet pas en cause l'avenir du site. Un nouveau véhicule (on parle du successeur de la 407) est prévu fin 2010. Le plan Cap 2010, visant à relancer la croissance du groupe et à permettre la production de petites séries, va être accéléré, mais les syndicats restent perplexes sur ses effets. Il faudra d'abord digérer les nouvelles mesures, qui doivent s'étaler sur l'année 2009.