Test-match. France - Australie, demain (21 h) La mêlée à l'épreuve australienne
La mêlée du XV de France, en progrès cet automne après avoir été particulièrement décriée lors du Tournoi des six nations, s ' apprête à passer un véritable examen face à l ' Australie, qui a accompli sa mue dans ce secteur de jeu, demain soir au Stade de France.
« No scrum, no win » (pas de mêlée, pas de victoire). Samedi dernier à Twickenham, les Australiens se sont fait un malin plaisir de rappeler aux Anglais leur propre maxime, en prenant une éclatante revanche (28-14) sur un pack qui les avait humiliés en quart de finale du Mondial 2007.
Le défi est donc immense pour le XV de France, placé sous un tir nourri de critiques depuis le printemps dernier après avoir successivement subi la dure loi des avants irlandais (un essai de pénalisation malgré la victoire 26-21) et anglais (défaite 13-24), plus quelques difficultés en première période en Ecosse.
« L ' Australie a vraiment gagné en technique collective dans ce secteur depuis un an, analyse Didier Retière, en charge des avants français. On s ' en est rendu compte cet été, puis pendant le Tri-Nations. (L ' entraîneur néo-zélandais) Robbie Deans a apporté un souffle nouveau qui est venu compléter des joueurs de grand talent. »
« Un pack
plus conquérant »
Côté français, la reconstitution d ' une première ligne, après la retraite de Pieter de Villiers et les longues blessures de Sylvain Marconnet et Olivier Milloud, inamovibles piliers de l ' ère Laporte depuis 2004, fut l ' un des premiers chantiers du nouvel encadrement.
Demain , ils s ' appuieront sur leurs certitudes naissantes, nées d ' une bonne tenue en mêlée contre les Argentins et les « Pacifiques » mais aussi contre les Wallabies en juin dernier, une des rares satisfactions de cette tournée soldée par deux lourdes défaites (13-34 et 10-40).
« On a un pack plus conquérant, assure Retière, mais on n ' est pas encore sûrs de nous non plus. Je crois que nous autres Français, on n ' est jamais bons quand on est trop sûrs de nous. On a le doute suffisant pour continuer à bien travailler et pouvoir espérer faire un bon match samedi. »
Rituel
et déstabilisation
La victoire des Wallabies en Angleterre a été particulièrement étudiée cette semaine dans le camp français. « J ' ai surtout retenu que leur gaucher (Robinson, ménagé samedi) a pris le dessus sur Vickery et Stevens, et que dès que ton droitier est mis à mal, c ' est toute la mêlée qui recule » , décrypte Lionel Faure. Le pilier gauche garde également un oeil sur Al Baxter, son vis-à-vis de samedi, qui a fait plier le robuste Andy Sheridan.
« Ils sont un peu vicieux, renchérit le talonneur Dimitri Szarzewski. Une fois ils anticipent l ' entrée en mêlée, une fois non... »
Le pilier droit Nicolas Mas précise : « Ils ont un rituel : ils se placent en mêlée, puis ils ressortent, ce qui déstabilise les adversaires. Ce sont eux qui dictent l ' impact et c ' est difficile à contrer. »
Cinq des joueurs formant le pack français (Faure, Nallet, Chabal, Ouedraogo et Harinordoquy, plus Lecouls et Picamoles sur le banc) étaient présents en Australie en juin. Un pack averti en vaut deux.