Eliminé à l'issue du premier tour hier, Benoît Hamon, représentant l'aile gauche du parti, a appelé à voter pour le maire de Lille.
Le cumul des voix de Mme Aubry, 58 ans, et de M. Hamon, 41 ans, s'élève à 57% mais aucun camp n'envisage un report de toutes les voix Hamon sur le maire de Lille. "Ca sera un ultime
scrutin qui s'annonce serré", selon le jeune eurodéputé, qui a dénoncé la "très grande lassitude des militants".
Ségolène Royal progresse
Mme Royal, 55 ans, a rassemblé au premier tour 42,9% des voix, contre 34,5% au maire de Lille et 22,6% à M. Hamon, selon des chiffres quasi-définitifs publiés aujourd'hui.
Mme Royal a progressé de près de 14 points par rapport au vote du 6 novembre sur les motions, bénéficiant de l'éparpillement des voix de Bertrand Delanoë (près de 25% le 6
novembre), qui avait appelé à voter Aubry.
139.123 votants
Le scrutin d'hier a rassemblé 139.123 votants, une participation de 59,7%.
Le second tour, ouvert à 17H00 dans les 3.200 sections du pays, s'est achevé à 22H00 et les premiers résultats devaient être connus à partir de minuit.
Les deux candidates ont voté chacune dans leur fief respectif.
A Melle (Deux-Sèvres), Ségolène Royal a appelé les militants à "choisir entre l'avenir et le passé" et s'est dite "sereine".
Dans sa section du Vieux Lille, Martine Aubry a déclaré qu'avec Mme Royal, "nous n'avons pas le même projet pour la France mais nous devons ensemble discuter pour trouver le meilleur projet pour 2012".
La main tendue
Mme Royal a tendu la main aux électeurs de Benoît Hamon, assurant que "les militants ont déjà marqué profondément leur volonté de changement et de ce point de vue, beaucoup de
celles et ceux qui ont voté pour Benoît aspirent aussi au changement des pratiques, à la transformation de notre parti et à l'ancrage à gauche des socialistes". Elle a assuré vouloir "s'ouvrir" aux autres camps en cas de victoire.
Le maire de Lille a déclaré que "le renouvellement" aurait lieu au PS, quel que soit le résultat du vote, l'élection d'une femme étant en soit une "révolution". Son camp veut se persuader que le ralliement de M. Hamon et le soutien réitéré de Bertrand Delanoë lui donneront la victoire.
Aucun pronostic
Le patron sortant du PS, François Hollande, s'est refusé à tout pronostic en votant à Tulle mais a une fois de plus martelé que la gagnante "devra être soutenue par l'ensemble des
militants".
Seule certitude: le prochain Premier secrétaire sera une femme, énarque, ancienne ministre, points communs aux deux finalistes que tout oppose en revanche quant au style, à la conception du parti et des alliances, Mme Royal voulant ouvrir au centre, ce que refuse sa rivale.
Une patronne
La tâche de la prochaine patronne du PS s'annonce ardue pour panser les plaies du congrès de Reims le week-end dernier, marqué par la désunion et les déchirements. "A l'évidence, le Parti socialiste est aujourd'hui encore plus gravement coupé en deux", a déploré le député Michel Sapin. "Il ne faut pas qu'il y ait deux PS", s'inquiétait en écho Benoît Hamon.
Après ce processus, le PS est "un parti qui en terme d'adhérents sera divisé en deux, ce qui est une nouveauté dans l'histoire du mouvement socialiste", analyse aussi Pascal Perrineau, directeur du Cevipof (Sciences Po).
Le nouveau "numéro un" devra aussi rendre le parti audible face à Nicolas Sarkozy. Avec en ligne de mire la présidentielle de 2012. Potentiel "recours" pour cette échéance, le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a voté à Sarcelles, a l'occasion de son passage à Paris, mais n'a pas fait de déclaration.
Côtes-d’Armor : Burlot élu
Dans les Côtes-d’Armor, pour le vote du premier secrétaire national, Ségolène Royal est arrivée en tête avec 43,02 % des voix. Suivent Martine Aubry, 34,96 % et Benoît Hamon 22,02 %. Dans le cas où aucun des trois candidats n’obtiendrait au niveau national la majorité absolue, un second tour aurait lieu , ce soir, entre les deux prétendants arrivés en tête. Concernant l’élection du premier secrétaire fédéral du PS costarmoricain, Thierry Burlot a été élu avec 54,76 % des voix contre Pascal Bourquard (45,24 %).
Finistère : Coatanéa élu
« Réformateur, social-démocrate et européen de conviction ». Ainsi se définit Marc Coatanéa, 35 ans, devenu, hier soir, le nouveau patron finistérien du PS, « un parti de militants, précise-t-il, pas seulement là pour applaudir... ».
Élu, hier soir, sans concurrence (le maire « royaliste » de Moëlan-sur-Mer Nicolas Morvan ayant jeté l’éponge mercredi soir), le Brestois Marc Coatanéa prend le relais du Quimpérois Jean-Jacques Urvoas à la tête du PS finistérien, où son prédécesseur, député de Quimper depuis 2007, officiait depuis cinq ans. Lire son portrait en rubrique Finistère.
Le portrait du nouveau secrétaireSégolène Royal : 39,52 %
Martine Aubry : 35,44 %
Benoit Hamon : 25,20 %
Morbihan : Gwendal Rouillard élu
Gwendal Rouillard, le premier secrétaire sortant, est réélu haut la main avec 73% des voix.
Ségolène Royal : 52,68 %
Martine Aubry : 21,69 %
Benoit Hamon : 25,63 %
Ille-et-Vilaine : Frédéric Bourcier élu
Hier soir, Ségolène Royal est arrivée largement en tête du premier tour de l'élection du premier secrétaire du parti socialiste en Ille-et-Vilaine avec 40,86% des suffrages, sur 1470 votants. Martine Aubry a recueilli 31,16% des voix et Benoît Hamon 27,98 %.
Par ailleurs, Frédéric Bourcier, adjoint au maire de Rennes, a été confortablement réélu au poste de premier secrétaire fédéral avec près de 65% des voix.